Prenons un temps pour sentir notre corps et les sensations qui le parcourent. Laissons-le se manifester en toute liberté, peut-être sous forme de tensions, de relâchements, de chaleur, de picotements, de sensations agréables ou désagréables. Pouvons-nous percevoir l'ensemble de notre corps? Certaines zones sont-elles moins sensibles, comme éteintes, muettes? D'autres sont-elles douloureuses? Acceptons que notre corps est en vie et que ces sensations font pleinement partie de notre expérience à cet instant.

 

Comment ressentons-nous cette expérience? Est-elle agréable? Désagréable? Ressentons-nous de l'ennui, ou de l'impatience? De la joie ou de l'excitation? Embrassons nos impressions avec bienveillance et laissons-nous plonger un peu plus profondément.

 

Les yeux fermés, imaginons devant nous un jeune enfant, seul, assis sur une plage ou dans un champ, tout absorbé à la contemplation d'un coquillage, d'une fleur, d'un nuage, ou de tout autre élément de son environnement. Sommes-nous tenté(e) de le sortir de son immobilité, de son apparente léthargie pour le renvoyer à une activité "ludique", prescrite par notre zèle parental?

N'en faisons rien. Voyons comme il semble calme, serein, en parfaite osmose avec l'objet de son attention. Asseyons-nous à ses côtés et prenons le temps de nous imprégner de sa quiétude; laissons-le nous emmener hors des limites du temps auxquelles nous nous accrochons d'habitude si vaillamment, hors de l'agitation obligatoire prescrite par notre affairisme habituel. Respirons avec lui.  

 

Il est possible alors que nous percevions un murmure, une musique peut-être, une vibration, ou simplement un son que nous n'avions jamais entendu auparavant, d'une beauté toute étrange, presque inaudible.

Ne cherchons pas à maintenir son souvenir, ni à lui donner une explication; ne construisons aucune vérité à son égard, ni pour nous-même, ni pour autrui.

 

Continuons de respirer.

 

Nous ne serons pas emplis d'un savoir nouveau. Nous n'aurons rien appris. 

 

Cependant, un léger sourire animera peut-être nos lèvres et, gagné(e)

par un silence nouveau, ayant traversé avec bienveillance nos différents paysages intérieurs, nous aurons vécu un moment de méditation.

 

Réjouissons-nous de ce cadeau!

 

 

Olivier

> La méditation, petite introduction 

Qu'est-ce que la méditation?

 

Le fait est qu'il ne peut y avoir une seule réponse valable; les méthodes ne manquent pas, puisqu'à peu près chaque tradition spirituelle y a recours. Toutes ne promettent pas la béatitude, tandis qu'aucune ne la procure, excepté sur quelques prospectus qui font de la spiritualité un commerce très rentable.

 

En Occident,certaines formes de méditation tentent aujourd'hui d'acquérir leurs lettres de noblesse en prenant place dans les campus universitaires, comme si méditer relevait d'un savoir réservé à une élite... Des syllabus s'écrivent, des formations "certifiées" s'élaborent, puis des diplômes sont décernés, venant couronner un parcours labellisé.

 

Et c'est peut-être bien là ce qui nous freine lorsque nous souhaitons nous initier et nous lancer dans une démarche qui semble alors inaccessible. Une odyssée d'autant plus insurmontable en apparence que nous y pensons souvent au moment de notre vie où nous nous sentons le plus fragile, le moins héroïque!

 

Certes, s'engager sur une voie de méditation est un long chemin, un voyage vers un inconnu qui se révèle pas à pas et sans doute jamais tout à fait. Mais c'est justement en acceptant de poser le premier pas, humblement et sans attente de résultat, que nous pourrons dépasser nos craintes et nous engager dans ce qui n'est rien d'autre, en définitive, qu'un chemin vers nous-mêmes.

 

Et si nous prenions un moment -tout à l'heure?, demain?, et pourquoi pas maintenant?- pour arrêter l'activité à laquelle nous étions occupé(e) et nous taire, écouter, laisser faire.

 

Prenons le temps de sentir notre respiration; ce mouvement continu de l'inspire et de l'expire. Prenons quelques respirations profondes,

puis laissons notre respiration se faire librement. Qu'il soit régulier ou irrégulier, lent ou rapide, profond ou superficiel, laissons ce mouvement interne être tel quel, sans rien chercher à modifier.

 

Prenons le temps d'observer nos pensées, sans les juger et sans nous attacher à aucune en particulier. Laissons-les circuler librement sans les retenir, ni les repousser. Concernent-elles notre expérience du moment?

Notre esprit est-il agité par des événements passés ou à venir?

Laissons ces mouvements de notre mental se dérouler librement, sans réagir. Puis décidons calmement, mais fermement, de nous en désintéresser. Acceptons que nos pensées continuent de traverser notre esprit, mais laissons-les là où elles sont, et pour ce qu'elles sont: de simples pensées

qui traversent notre esprit.

 

Prenons le temps maintenant de sentir les émotions qui nous habitent. Certaines d'entre elles sont peut-être agréables, ne nous y accrochons pas. D'autres sont peut-être désagréables, voire pénibles, ne cherchons pas à les dissiper. Acceptons de les embrasser toutes, comme un paysage qui défile devant nous, avec ses reliefs et ses contrastes, ses prairies ou ses déserts. Souvenons-nous que nous sommes plus que nos émotions, qu'elles font juste partie de notre paysage intérieur, qu'elles constituent notre nature la plus essentielle et poursuivons notre chemin.

Auteur > Olivier Pilette