> L'écoute en thérapie cranio-sacrée  

Il ne s'agit donc pas de soigner, au sens où nous l'entendons habituellement, c'est-à-dire intervenir dans le but de "guérir", mais bien d'écouter, d'accepter, de suivre et permettre à la personne de contacter les ressources internes, le savoir inné du corps et de la psyché qui lui permettront de recouvrer la santé.

 

Permettre le changement dans le non-agir

 

Si l'intention du praticien est d'aider la personne qui le consulte, il ne s'agit jamais de l'intention de provoquer un changement, mais bien de le permettre. La nuance est subtile mais de taille, dans la mesure où
le processus se fait bien chez la personne, à son propre rythme
et non pas selon le rythme ou l'envie du praticien.

 

Derrière cette nuance, nous sentons bien que pour le praticien, un renoncement, un deuil reste à faire; celui d'agir pour le bien de l'autre, de le soigner, voire de le sauver. S'ouvrir à "l'agir dans le non-agir" comme diraient les Bouddhistes, et ne rien chercher d'autre qu'à laisser faire.

 

Et ce deuil n'est pas si simple puisqu'il exige que nous nous posions continuellement cette question si vaste, si simple et si déroutante: "qui suis-je donc pour recevoir une personne en difficulté et prétendre pouvoir l'accompagner?"...

 

Nulle autre réponse, bien sûr, que de demeurer dans la question et d'avancer, d'avancer toujours, puisque la vie -dirait Rosemary- n'est que mouvement!

 

Olivier

L'article qui suit trouve son origine lors d'un stage de quatre jours dirigé par Rosemary Wallace autour de la thérapie cranio-sacrée et à de la thérapie des fascias. 

 

Au-delà de l'apprentissage de la technique, l'approche de Rosemary vise surtout à explorer la relation si singulière qui réunit le praticien et la personne consultante. L'enseignement de Rosemary Wallace a très fortement influencé notre approche à Valérie et moi-même. 

 

Loin de la volonté de toute puissance des thérapeutes modernes et de leur ambition de "guérir", Rosemary remet en question le rôle du praticien dans le processus qui mènera le consultant vers la santé.

 

Ayant renoncé à toute "ambition", à tout projet pour ses clients, le praticien délaisse alors son statut, son rôle de thérapeute, pourtant si confortable pour son ego et s'ouvre à une autre forme d'accompagnement, basé avant tout sur l'écoute et le "laisser-agir".

 

Le praticien offre à la personne une disponibilité, une présence non jugeante, qui autorise le corps à se manifester et procure un environnement propice au changement. On comprend mieux le terme de "facilitateur", si cher à Rosemary!

 

La technique est un support, un soutien à cette écoute, une manière d'encourager le corps à s'exprimer dans sa globalité, dans son unité psycho-corporelle.

 

 

Auteur > Olivier Pilette